Avec Daniel Cohn-Bendit et José Bové, elle fait partie du trio gagnant de la liste Europe Ecologie aux dernières élections européennes. Depuis l’affaire Elf,
Eva Joly appartient au paysage médiatique français. Isabelle Hupert a même incané la magistrate dans le film de Claude Chabrol intitulé « L’ivresse du pouvoir ». Une fiction peu appréciée,
dit-on, par la magistrate devenue héroïne de cinéma malgré elle
Comme ses deux colistiers, Eva Joly revendique son franc-parler et sa volonté d’indépendance. Mais surtout, elle entend mener une lutte acharnée contre la
corruption dans les milieux financiers internationaux.
Le moyen de découvrir au mieux le combat et les convictions profondes d’Eva Joly ? Ce sont ses livres. Elle en a écrit sept au total. Prenez donc l’ouvrage
intitulé « Est-ce dans ce monde-là que nous voulons vivre ? » publié pour la première fois en 2003 aux éditions des Arènes et réédité en 2004 dans la collection de poche Folio Documents. Cet
ouvrage qui débute par une belle météphore filée sur les arbres plantés de génération en génération, Eva Joly l’a écrit depuis sa maison de rondins, en Norvège, son pays natal.
Eva Joly y propose un retour précis et documenté sur le déroulement de l’Affaire Elf. Dans ces pages, l’ancienne magistrate en charge du dossier ne trahit
aucunement le secret de l’instruction. Cependant, elle fournit suffisament d’informations au lecteur pour qu’il soit convaincu, en fin d’ouvrage, de la nécessité de combattre la corruption en
France, en Europe et dans le reste du monde.
Au-delà de cette thématique centrale, c’est aussi la silhouette d’une femme qui apparaît. Femme forte et femme de pouvoir, mais aussi femme capable de douter et
de souffrir dans les moments les plus difficiles de l’instruction de l’affaire Elf. Le livre d’Eva Joly propose, plus largement, une réflexion sur le rôle et les moyens accordés à la justice
française et par conséquent aux magistrats de notre pays.
« Cette histoire est universelle, mais c’est aussi mon histoire. En devenant magistrat, j’ai accepté de rendre la justice au nom du peuple. Je lui rends cette
chronique. Mon histoire, si modeste soit-elle, lui revient. Elle ne m’appartient pas ». A vous de le vérifier.